Véritable phénomène de marché aux États-Unis entre 2020 et 2021, les SPAC – ou Special Purpose Acquisition Companies – ont depuis connu une trajectoire plus contrastée. Ce type d’investissement reste néanmoins emblématique de la finance moderne, où l’on peut acheter une action… sans que l’entreprise n’existe encore réellement. Un pari sur l’avenir, accessible à certains, risqué pour d’autres, mais assurément fascinant pour qui veut comprendre les nouvelles mécaniques d’entrée en Bourse.
Un SPAC est, par définition, une coquille vide cotée en Bourse, créée par une équipe de fondateurs (souvent d’anciens banquiers, dirigeants ou entrepreneurs chevronnés), dans le but de lever des fonds auprès d’investisseurs. Ces fonds serviront, dans un délai généralement de 18 à 24 mois, à acquérir une société non cotée et à l’introduire indirectement en Bourse via une fusion. Ce processus remplace ainsi l’introduction en Bourse traditionnelle (IPO).
Pour l’investisseur, acheter des actions d’un SPAC revient donc à miser sur la capacité des fondateurs à trouver une cible attractive, à négocier son acquisition, et à faire prospérer l’ensemble. Durant la période de recherche, les fonds collectés sont placés sur un compte bloqué sécurisé, et peuvent être récupérés si aucune acquisition n’a lieu. C’est un des seuls placements en actions avec une option de retrait intégrée… du moins tant que le deal n’est pas conclu.
L’engouement pour les SPAC s’explique en partie par leur accessibilité, leur promesse de rendement élevé, et la notoriété de certains sponsors (Bill Ackman, Chamath Palihapitiya…). Mais il faut aussi souligner les risques : peu de transparence sur la cible à venir, dilution des actionnaires à la conversion, et performances boursières très variables après l’acquisition.
Depuis 2022, le marché a vu un reflux massif des SPAC, avec de nombreux projets avortés, des retours d’argent aux investisseurs, et des performances souvent inférieures aux attentes. En Europe, le phénomène a été plus discret, mais quelques initiatives ont vu le jour (notamment en France et au Royaume-Uni), souvent avec des sponsors issus du private equity.
Accès anticipé à des entreprises non cotées (startups, scale-ups)
Effet de levier médiatique si les sponsors sont réputés
Droit de retrait possible si la cible proposée ne convient pas
Opportunité de gains importants en cas de fusion réussie
Très spéculatif, souvent sans visibilité sur la future entreprise
Performance post-fusion souvent inférieure aux attentes
Risque de dilution des actionnaires (bons de souscription, rémunération des sponsors)
Tendance à la mode, très volatile
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