Vers une baisse historique du livret A : quel impact pour les épargnants et le logement social ?

À compter du 1er août, le taux de rémunération du livret A devrait tomber à 1,7 %, contre 2,4 % actuellement. Ce recul, annoncé comme « inédit depuis 2009 », suscite de vives réactions tant chez les épargnants que du côté des acteurs du logement social. Car derrière ce chiffre, se jouent des enjeux économiques, politiques et sociétaux de première importance.

Le livret A, avec son jumeau le LDDS, concentre plus de 600 milliards d’euros d’épargne. C’est une pierre angulaire de l’épargne populaire en France : disponible, garantie, défiscalisée. Bref, un cocon rassurant dans un monde incertain. Plafonné à 22 950 euros, il est détenu par plus de 55 millions de Français. Et pourtant, c’est bien lui qui s’apprête à encaisser une deuxième baisse en six mois, après être passé de 3 % à 2,4 % en février.

Pourquoi un tel coup de froid ? Le taux du livret A est fixé tous les six mois selon une formule mêlant l’inflation hors tabac et les taux interbancaires, tous deux orientés à la baisse sur le semestre écoulé. À 1 %, l’inflation de juin est en recul net, tandis que la détente sur les taux monétaires européens achève de tirer le rendement vers le bas.

Une mauvaise nouvelle pour les épargnants ? Pas forcément. Certes, le rendement réel reste faible. Mais avec une inflation à 1 %, le livret A conserve un rendement légèrement positif en termes réels – ce qui est loin d’avoir toujours été le cas. En revanche, les vrais gagnants sont ailleurs : les bailleurs sociaux et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui empruntent à ce taux pour financer logements sociaux, projets urbains et, de plus en plus, la transition énergétique.

La CDC, gestionnaire de près de 60 % des encours, oriente désormais une partie des fonds vers les prêts verts… voire vers la relance du nucléaire. Son directeur général, Olivier Sichel, l’a confirmé : le financement des futurs EPR est sur la table. Et tant pis si cela hérisse certains défenseurs d’une finance 100 % verte. Car pour la Caisse, le nerf de la guerre reste la capacité à financer des projets d’intérêt général à long terme, logement social compris.

Ce nouvel ajustement soulève aussi une question politique : le gouvernement ira-t-il jusqu’à accorder un « geste » au livret d’épargne populaire (LEP), réservé aux ménages modestes ? Fixé à 3,5 %, son taux pourrait chuter à 2,2 %… sauf si François Villeroy de Galhau (Banque de France) et Éric Lombard (CDC) décident d’une dérogation. Ce serait un signal fort en faveur des plus fragiles.

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